Ce dimanche 22 février, le collectif Cinébuk s’apprête à dévoiler la première saison de la série « Djemah ». Composée de seize épisodes de 26 minutes, cette œuvre plonge au cœur des artères de Bukavu pour explorer le quotidien complexe des enfants de la rue.
Alarmant de par son titre, « Djemah » est un langage populaire traduit comme des petites activités génératrices des revenus initiées afin de survivre. À travers six familles aux histoires différentes, cette série dépeint une ville qui respire entre business précaires et manipulation des enfants de la rue pour la survie.
Le réalisateur, Lavie Rock, a mobilisé une cinquantaine d’acteurs pour donner vie à cette fiction criante des certaines vérités. En utilisant des lieux emblématiques tels que Djensa, l’Essence ou Major Vangu, la série ancre son récit dans des coins souvent marquée par des pratiques jugées par le chef de la population comme manipulatrices. Elle dénonce les mécanismes de vol, de pillage et d’arnaque qui sont les djemah des jeunes environnants et sans abri.
Lavie Rock a renseigné qu’au-delà de la fiction, « Djemah » est un plaidoyer social. Par cette innovation, il vise l’éveil des consciences parentales et celles des autorités pour une prise en charge de ces enfants.
« Nous sommes en train de passer un message à tous les parents qui oublient quelques fois leurs responsabilités et causent l’entrée des enfants dans les rues. Nous voulons que l’implication de chaque parent réduise la présence de ces enfants dans les rues pour qu’on évite des drames, dont ils sont acteurs», explique-t-il.
Le réalisateur estime également que l’implication des décideurs réduirait la présence des enfants dans la rue afin de leur garantir un avenir prometteur. Il pointe du doigt l’urgence d’une prise en charge étatique, exhortant les autorités à mettre en place de véritables programmes d’encadrement pour transformer ces énergies de survie en forces vives, et ainsi limiter le vandalisme qui gangrène certains quartiers.
En mêlant drame urbain et réflexion sociétale, la série « Djemah » se présente comme une invitation à sauver une jeunesse dont l’avenir ne doit plus se conjuguer avec l’errance.
Kathia AMINA